FERME AGROECOLOGIQUE DE BEMAHATAZANA – feuille de route…

Dominique Brunet
Réseau des AgroEcologistes Sans Frontière
Bemahatazana 15 novembre – 01 janvier 2018.

FERME AGROECOLOGIQUE DE BEMAHATAZANA

Feuille de route – planning de travail

Ce document de travail, établit en concertation avec Dr Tinia, permet
de faire redémarrer la ferme après une période de flottement.
Les mois à venir seront capitaux pour le devenir de la ferme.


La ferme redémarre avec un nouveau couple de salariés, ce mardi 27 novembre.
Nous donnons ici un canevas de travail pour les semaines et les mois à venir.
Avec le budget correspondant, les priorités affichées et un travail de qualité
fourni par l’équipe, la ferme doit trouver un nouvel élan et s’inscrire dans une
dynamique positive, pour elle même et tout le village de Bemahatazana.

Secteur élevage.

Dans les jours proches, 3 ovins et 3 caprins seront achetés pour constituer un petit
troupeau sur la ferme.
Il est impératif de les attacher tous les jours à une grosse touffe d’herbe de façon à ne
pas les laisser en liberté. En les changeant de place tous les jours, ils vont ainsi
nettoyer les parties les plus difficiles ou incultes et fertiliser la terre par les crottes.
Penser à les abreuver dans la journée. Pour se faire, il peut être intéressant de
construire un petit bassin d’abreuvement à côté du puits.
Le soir, les animaux seront rentrés dans la bergerie. En mettant un peu d’herbes
comme litière, on obtiendra du fumier pour un futur compost.
Lorsque les femelles mettrons bas, le xylosanthès aura normalement poussé.

jeunes pousses de xylosanthès

Il faudra penser à leur en donner une brassée le soir en les rentrant, ce qui complétera
bien leur alimentation surtout en période de lactation (légumineuse).
Les petits pourront être laissés en liberté, ils ne s’éloignent jamais des mères.
Par contre, pour les adultes, il faudra être rigoureux. Des cordes ont été achetées
aujourd’hui pour constituer des attaches.

Les poules pourront être laissées en liberté lorsque l’enclos en bambou, autour de
l’espace maraîchage sera fait. Les poules trouveront ainsi une grande partie de leur
nourriture à l’extérieur et seront en meilleure santé.
Elles devront être rentrées le soir dans le poulailler et recevront ainsi une poignée
de maïs produit sur la ferme, dès que celui-ci sera récolté.
Si l’enclos en bambou n’est pas suffisamment étanche, il faudra peut-être penser à le
doubler d’un petit grillage.

Aussi bien la bergerie que le poulailler devront être nettoyés régulièrement. Mettre
ce fumier dans une fosse à fumier en attendant de le composter.

Les porcs ne seront pas achetés de suite. Ce sera fait dès que la ferme produira
l’alimentation suffisante pour nourrir 2 truies et 1 verrat.
La petite porcherie est déjà construite. Il est nécessaire d’agrandir l’enclos de manière
à ce qu’ils aient la possibilité d’aller dehors et de se rouler dans la poussière ou dans
la boue. Là encore, ce sera un gage de bonne santé.

L’alimentation des porcs sera à base de manioc, maïs, son de riz, soja, tous les
détritus ménagers et du xylosanthès. La porcherie devra aussi être nettoyée
régulièrement.

On peut estimer entre 4 à 5 kg / jour les besoins alimentaires nécessaires à un porc
adulte, à partir d’une alimentation variée ( voir ci-dessus).

Secteur maraîchage

Pour se secteur, nous avons prévu 50 000Ar pour acheter les semences (voir budget).
Les pluies étant arrivées, il est important d’acheter rapidement des semences, si
possible de qualité et non hybrides de façon à pouvoir les multiplier.
Je pense que Fetra pourra s’appuyer sur son frère pour l’achat des semences et la mise
en cultures.
Nous avons vu, Dr Tinia et moi même, que plusieurs terrasses, près de la source,
demandent à être refaites et réaménagées .C’est bien sûr la priorité.

cultures en terrasse

En fonction du temps disponible et des tâcherons à trouver, d’autres terrasses pourraient être aménagées le long du cours d’eau provenant de la source.

J’ai budgétisé 15 charrettes de fumier de bovins. Une partie est prévue pour
fertiliser le maraîchage. Attention toutefois au fumier frais, trop peu composté.
Il est important de la mettre en petites quantités et plutôt en surface ou mieux
encore de le composter (retourner plusieurs fois) avant de l’utiliser.

Secteur cultures

C’est la saison pour cultiver en plein champ des cultures variées.
Sur la ferme , sur la partie Nord-Ouest et Ouest, nous avons prévu de faire un
demi-hectare de chacune des cultures suivantes : manioc, riz pluvial, maïs, arachide,
haricot, soja, soit 3 ha au total.
Il faudra l’intervention d’un cultivateur avec ses bœufs pour travailler la terre d’autant
plus (et tant mieux) que les feux de brousse ne sont pas passés par là.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Là aussi, le budget pour se faire est prévu.
Comme nous partons un peu dans l’inconnu, le mieux est certainement de prévoir
plusieurs cultures différentes, de rechercher une autonomie sur la ferme et d’en tirer
ensuite des conclusions.
Sur les 15 charrettes de fumier de bovins prévus, au moins une dizaine seront utilisées
pour les cultures de plein champ.
Concernant les cultures, et après en avoir parlé avec Dr Tinia, il s’avère que les paysans
connaissent la technique des cultures associées : graminée + légumineuse+ plante
de couverture. Nous ne pouvons qu’encourager cette technique, chacun la faisant à sa
façon. Le principal, et j’encourage Dr Tinia à le faire, c’est de prendre des notes sur
tout ce qui sa fera sur la ferme.
Nous pourrons ensuite faire le point ensemble lors d’une de nos prochaines visites.

D’une façon générale, j’ai demandé au Dr Tinia de prendre un maximum de notes
sur les cultures (dates, conditions, semis, rendements, ventes) et sur l’élevage
(difficultés, portées, ventes …).
C’est en analysant avec lui toutes ces données que nous pourrons progresser.

Secteur verger

Il reste une trentaine de demi-lunes à réaliser et quelques anciennes à refaire.

demi lune

Les plans fruitiers sont (presque) tous trouvés chez Mr Joanary, le pépiniériste
que nous connaissons bien maintenant.
Dr Tinia possède des documents précis sur les demi-lunes à faire voir et à expliquer
à Fétra. Un peu de fumier composté, au pied de chaque plant, fera du bien.
Bien entendu, avant de planter, il est impératif de mettre en place la clôture de
barbelés. Une fois les plants en place, il est judicieux de recouvrir le pourtour avec
des herbes sèches. On évite ainsi le tassement de la terre par les pluies, et bien sûr
l’évaporation en saison sèche .On évite aussi une multiplication d’herbes non désirées
qui viendraient concurrencer ces jeunes plants.
On veillera à mettre à l’extérieur, le long du chemin, les essences les plus grandes
et volumineuses : manguiers, avocatiers…
Un entretien régulier permettra d’obtenir un joli verger de 90 arbres fruitiers.

Reboisement

Sur la ferme, à plusieurs endroits, nous avons prévu, soit de compléter des haies
en place mais non régulières; soit d’en créer de nouvelles (voir le plan en annexe).
Là aussi, nous avons trouvé l’essentiel des plants forestiers chez Mr Jaonary.

Cette année, si tout se passe comme prévu, ce sera plus de 300 arbres, fruitiers et
forestiers qui seront plantés. Nous commençons ainsi une véritable reforestation
de la ferme , nécessaire à toute ferme en agroécologie .
L’objectif, à mon avis , mais nous en reparlerons, serait de se fixer un objectif de
300 arbres plantés / an sur 5 ans ce qui ferait un véritable exemple d’une ferme en
agroécologie et en agroforesterie.

La création de toute pièce d’une haie anti érosive concerne une ligne de 300m de
long, située dans la partie Nord de la grande parcelle. Avec Dr Tinia, nous avons
repéré, au Nord, une partie difficile à cultiver. Nous avons pensé que la mettre en
xylosanthès permettrait de faire une bande coupe feu, d’améliorer le terre et de
faire sur pied une réserve de nourriture.

coupe feu

Cette partie de terre difficile est cernée, au sud, par une rigole ou saignée qui ne fait
qu’augmenter l’érosion lorsque l’eau dévale la pente.
Il a été décidé de planter, de part et d’autre de cette rigole et en quinconce, 100
plants d’essences forestières, d’essences les plus variées possible. Nous mettons
ainsi en place une haie anti-érosive d’autant plus efficace que les racines de ces
arbres vont retenir la terre. Elle sera anti-érosive par son action de couper l’effet,
parfois trop fort du vent, de la pluie, du soleil.
Nous allons essayer de trouver un maximum d’essences d’espèces fertilisantes;
ainsi la haie contribueras aussi à fertiliser la terre.
Il faut à tout prix que ce projet réussisse. Si c’est le cas, les années suivantes,
nous pourrons continuer à créer, de toutes pièces, des haies anti-érosives et
fertilisantes sur la ferme.

Retrouver plus d’information sur le site internet du Réseau des Agro Écologistes Sans Frontière

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