Réseau des AgroEcologistes Sans Frontière

Réseau des AgroEcologistes Sans Frontière

Dominique BRUNET  dominique.brunet23@wanadoo.fr

Didier MEUNIER semlavie.dm07@gmail.com

Création d’une ferme agroécologique sur le terrain du collège et du lycée

Groupe scolaire Saint Paul à Bémahatazana,  (madagascar)

 

Cette ferme devra, à court terme, permettre de développer plusieurs types de culture et d’élevage.

L’ensemble des productions conduites sous le mode de l’agroécologie servira de base pour montrer et démontrer à la population comment fonctionner sous un mode respectueux de la Terre tout en étant productif.

La production animale et végétale nourrira les élèves par l’intermédiaire de la cuisine collective du collège et du lycée. On peut aisément imaginer que les élèves de l’école primaire auront leur part.

Dans un premier temps, des arbres fruitiers seront plantés à proximité des salles de classe, l’idée force étant de donner envie aux enfants, de dupliquer chez eux ce principe. En effet, les arbres fruitiers dans la cour de chaque habitation permettraient un apport de nourriture vitaminée à ses habitants tout en créant un ombrage non négligeable en saison chaude.

De plus, le rôle des arbres ne se limite pas à produire des fruits, ils produisent aussi de la biomasse par leur feuillage, ils favorisent l’infiltration de l’eau, etc.

Elevage et disposition des bâtiments de la ferme .

La mise en place des bâtiments doit prendre en compte un certain nombre de paramètres.

Il faut dans un premier temps garder suffisamment de distance entre les habitations et la ferme.

L’élevage pratiqué sur la ferme et les insectes, principalement les mouches qui vivent avec les animaux, peuvent être une gêne pour les personnes qui vivraient à proximité, même si en agroécologie , le fait que les animaux disposent d’un parcours extérieur limite considérablement  ce désagrément. Il faudra donc veiller à mettre une distance suffisante entre les bâtiments de la ferme et les lieux de résidence ou de vie des personnes.

En agroécologie, les productions animales ont toute leur place, que ce soit l’élevage des volailles, des porcs, petits ruminants (moutons et chèvres) et grands ruminants (zébus et vaches laitières).

Chaque espèce a son utilité, ne mange pas la même chose et est nécessaire à l’équilibre global de la ferme.

Dès le départ, il faudra veiller à mette en place des élevages de petite taille, de façon à pouvoir produire sur la ferme leur alimentation.

L’objectif n’est pas de grandir trop vite, mais d’être autonome question alimentation et santé.

Concernant l’élevage des bovins, la ferme peut être facilement autonome par la grandeur de ses pâturages. Il faudra toutefois, notamment pour les vaches laitières, donner en complément des plantes plus riches, surtout en saison sèche (maïs par exemple qui pourra être cultivé sur les bandes pare-feu). Le maïs, donné en vert, est une plante qui fournit énergie et matière azotée, nécessaire à la fabrication de lait.

Les petits ruminants seront moins exigeants en qualité d’herbe, Toutefois, en période de mise bas et d’allaitement, un apport de maïs en vert leur fera le plus grand bien.

Les porcs, comme actuellement à la Communauté, auront une ration, en plus des déchets de la cantine, à base de son et écorce de riz et de grains de maïs. Le maïs en grains, comme en vert, peut être produit sur la ferme. C’est une question de priorité, d’organisation, mais les terres sont là et disponibles. Concernant le son et l’écorce de riz, nous pensons qu’il est déjà prévu de cultiver du riz sur une partie des terres; Il sera donc facile de mettre de côté les résidus du décorticage .

Nous pensons que les résidus de la cantine scolaire doivent aller en priorité aux porcs. S’il en reste de disponibles, les volailles pourront en profiter, mais ce n’est pas indispensable.

Les volailles auront un parcours bien à elles. Elles pourront régulièrement profiter de l’accès au verger qui leur offrira larves et vers qui attaquent et dégradent les fruits. L’herbe et les insectes trouvés dans le verger assureront une partie de leur alimentation. Il sera sans doute nécessaire de compléter cette alimentation par des résidus de céréales.

A noter, pour tous les animaux, l’intérêt très fort de les faire régulièrement changer d’enclos (environ toutes les 3 semaines à 1 mois). C’est ce qu’on appelle la rotation des parcelles. C’est une question d’organisation, mais il faut y penser dès le départ. On limite ainsi considérablement les parasites internes (vers) et externes (insectes). 

Zone à compost et autres préparations.

L’endroit pour la préparation du compost et des préparations en phytothérapie doit être bien réfléchi. Il devra se situer non loin d’un point d’eau et de préférence à l’ombre. L’emplacement devra être établi avec certitude car les fosses de retournement pour le compost seront faites une fois pour toutes. Il faudra le situer à un point central sur la ferme de façon à le rendre disponible pour toutes les cultures.

Pour les préparations en faveur des animaux, il faut également penser à leur réserver une place. Voir en annexe les fiches techniques. 

Mise en place des différentes parcelles de jardin scolaire

La mise en place des parcelles de jardin scolaire a pour objectif premier de permettre aux élèves d’avoir, par l’intermédiaire de la cantine scolaire qui sera installée, des légumes frais en quantité et de qualité.

Par la pratique du jardinage des élèves, il est aussi vivement espéré qu’ils reproduisent ce qu’ils font et apprennent à l’école, chez eux. Soit dans leur famille ou lorsqu’ils seront plus âgés et qu’ils auront leur propre terrain et/ou famille.

L’amélioration de la ration journalière dépendra directement de la mise en œuvre de cette expérience scolaire.

Quelles dispositions prendre pour établir les parcelles ?

Le premier des critères à retenir, est celui de l’accès à l’eau. En effet, le jardinage comme le maraîchage demande une quantité d’eau importante d’où, la prise en compte de la proximité du point d’eau si l’on veut que les plantes soient correctement arrosées pour se développer au mieux.

L’autre point sera l’accessibilité et la visibilité. Dans le cadre d’une activité scolaire, il faut ne pas sous-estimer le fait que ce sont des enfants, voir des adolescents qui ont bien d’autres préoccupations que celle de tenir un jardin.

Les enseignants ou le responsable environnement devront, régulièrement, rappeler aux élèves que l’entretien du jardin et des légumes qui y ont été installés doit rester une priorité s’ils souhaitent que les graines mises en terre produisent.

De cet entretien régulier dépendra le devenir des jardins.

Par entretien, nous entendons l’arrosage des pépinières et des plantes, le binage, le repiquage des plantules en temps et en heure. Si les plants, une fois bons à repiquer, restent végéter en pépinière, ils auront beaucoup de mal à « reprendre » racine et la récolte en sera d’autant plus affaibli.

Le paillage des pépinières et des plants repiqués revêt une grande importance pour limiter l’évaporation de l’eau du sol. Sans protection, les rayons solaires mais encore plus le vent, dessècheront la terre en surface mais aussi en profondeur et de ce fait, un apport plus fréquent et plus abondant en eau devra être réalisé. Le paillage, en plus de limiter considérablement l’évaporation, apporte de la matière organique bénéfique pour l’enrichissement du sol (renforcement du complexe argilo-humique) au moment de sa décomposition.

Production de semences dans les jardins et dans les champs de culture :

S’il est un élément déterminant lorsque l’on parle d’autonomie, c’est bien celui de la production de semences.

Les graines, les semences sont la base de l’alimentation. Sans elles, pas de production alimentaire possible alors, produire ses propres semences de qualité semble impératif.

Les semences de céréales, riz, maïs, blé, sont plus simples à produire que celles des plantes potagères mais il demeure important malgré tout de maîtriser la sélection des plantes porte-graines si l’on veut améliorer sa production.

En plus de la production, nous savons aujourd’hui que les dégâts liés aux modifications climatiques vont être lourds et Madagascar se trouve au centre de ces préoccupations. Aussi, il nous apparaît important et urgent de travailler dès aujourd’hui sur une sélection rigoureuse des plantes qui ont la capacité de s’adapter à ces modifications du climat.

Les plantes développent une « résilience » face à ces changements climatiques, à nous de sélectionner celles qui sauront le mieux s’y adapter.

Dans les jardins comme dans les champs de grande culture, le prélèvement des bonnes semences permettra d’améliorer un peu plus chaque année la qualité et la quantité produites.

Un certain savoir-faire dans ce domaine existe encore dans le pays, nous avons pu le constater mais pas ou peu de sélection amélioratrice n’est effectuée, ce qui entraîne de fait une dégradation de la qualité des semences au lieu de l’améliorer.

Lorsque l’on parle de qualité des semences, il s’agit de la qualité gustative et alimentaire mais aussi de la qualité germinative et sanitaire, ce dernier point revêt une importance particulière tant l’on sait que les graines sont le milieu le plus favorable pour propager les maladies.

Reboisement et implantation de haies vives.

Sur cette ferme, le reboisement prendra certainement plusieurs formes.

Nous pouvons envisager, dans un premier temps, d’implanter une rangée d’arbres tout au tour de la ferme. Ceci permettra de mieux visualiser les contours de la ferme et, à travers la plantation d’arbres fruitiers, d’offrir à tout un chacun de quoi se nourrir et se rafraîchir,  que ce soit pour les travailleurs de la ferme ou pour les passants le long de la route .

De la même façon, des arbres fruitiers seront plantés tout au tour des bâtiments scolaires. Les étudiants auront ainsi sous les yeux la croissance de ces arbres, ils pourront participer à leur entretien et pourront ainsi profiter de la récolte des fruits.

Dans un deuxième temps, il sera nécessaire de définir des parcelles de production. Ces parcelles seront entourées de haies vives (mélange d’arbustes, d’arbres fruitiers, d’arbres fertilisants et d’arbres à fleurs). Des chemins pour desservir ces parcelles, s’ils n’existent pas, seront créés le long  de ces haies vives.

De la même façon, si les parcelles font plus de 2 ha, il est recommandé de les diviser par une ou plusieurs haies vives qui limiteront l’emprise du vent, l’action de la pluie et du soleil.

Toutes ces haies vives participeront, à la longue, à fertiliser davantage les terres par la décomposition des feuilles et à rétablir une ambiance plus agréable par la fraîcheur apportée par les arbres.

Toutes les essences d’arbres sont les bienvenues. Il faut choisir de préférence des essences endémiques (originaires du pays), car elles seront plus rustiques et plus à même de servir d’abris aux insectes .

Il nous faut parler de l’eucalyptus qui n’est pas une espèce endémique mais maintenant bien présente dans le paysage. C’est un arbre qui pousse vite, rectiligne et utile pour les charpentes et autres constructions. Mais c’est aussi un grand consommateur d’eau. Nous conseillons de ne pas l’implanter en bosquets mais de le réserver pour les parties humides (bas-fond, marais, etc …) . De plus, pratiquement aucune culture ne se développe correctement sous les eucalyptus.

N’hésitons pas à planter des arbres de ci, de là. Le paysage sera d’autant plus remarquable qu’il sera habité par des essences variées. Le seul point à prendre en compte est de faire attention à l’endroit où on les met et de ne pas gêner la commodité des activités futures.

Création d’un verger.

Dans une ferme en agroécologie, le verger à tout à fait sa place.

Il sera composé d’arbres fruitiers d’espèces variées. Il demandera un peu de travail au début, (entretien, arrosage, paillage, taille de formation), mais beaucoup moins par la suite .

Nous préconisons un verger de un demi à un ha qui pourra recevoir plusieurs centaines d’arbres, en fonction de leur essence.

Il trouvera sa place le plus logiquement tout près du poulailler. En effet, passé les premières années et dès que les arbres seront assez forts, nous pourrons ouvrir régulièrement l’espace du verger aux poules, canards et oies. Les arbres profiteront du  « binage » des poules et ces dernières trouveront toute une partie de leur nourriture sur place.

Ainsi, nous avons vraiment ce que l’on peut appeler une cohabitation heureuse .

Mise en défend d’une parcelle biodiversité.

La mise en défend consiste à sortir une parcelle du cycle des cultures et de passage des animaux et à ne faire absolument rien dessus. Il n’y a aucune intervention humaine, de quelque nature que ce soit. La chasse et la cueillette ne doivent pas s’y pratiquer. Il faut par tous les moyens empêcher le feu d’y pénétrer.

La parcelle mise en défend va retrouver, en quelques années, toute une richesse de biodiversité, (essences anciennes et nouvelles ; flore et faune vont se réinstaller).  Cette biodiversité retrouvée, au delà de l’intérêt propre qu’elle représente, aura un intérêt pour l’ensemble de la ferme. En effet, cette parcelle servira de « garde manger »  à toute une population d’insectes, (bourdons, abeilles, coccinelles…) qui peuvent avoir une action bénéfique sur les parcelles mises en culture.

Pour une action significative, nous préconisons de mettre en défend une surface d’un ha minimum. Cette parcelle peut très bien se trouver à un endroit difficile d’accès, difficile à cultiver, ne présentant pas d’intérêt particulier, sauf bien sûr de laisser la nature faire son œuvre .

Pare feu ou  « stop au brûlis »

Le feu de brousse est un fléau pour la Terre, l’environnement, la végétation et les petits animaux qui vivent dans ces grandes herbes sèches. De plus, le feu brûle cette végétation, source d’humus et de compost.  La terre est  brûlée en surface ce qui ne peut qu’augmenter sa fragilité à l’égard des agressions extérieures, (pluie, soleil , vent …).

Une méthode qui a bien souvent fait ses preuves est la méthode du pare feu. Cette méthode consiste à retourner une bande de terre de 5 à 8 m de large tout autour de la ferme. La terre retournée ne laisse pas passer le feu.

C’est une méthode d’autant plus intéressante que cette bande de terre peut être cultivée. Le seul élément obligatoire est de ne pas laisser ces cultures sécher sur pied ou de ne pas laisser les fanes sur place. Le maïs, par exemple, peut très bien être cultivé sur un pare feu à condition que ce dernier soit coupé vert et donné aux animaux. On peut aussi cultiver un engrais vert et l’enfouir en pleine végétation, ce qui ne fera qu’augmenter la fertilité du sol. On aura ainsi une terre prête à recevoir une nouvelle culture tout en ayant protégé celles déjà en place.

Choix et rotation des cultures :

En agroécologie, la rotation des cultures repose sur le bon sens. Nous savons qu’il faut éviter de se faire succéder sur une même parcelle, les mêmes cultures chaque année. Le risque très rapidement est le développement ou la multiplication de maladies ou d’insectes nuisibles à cette culture puisque ceux-ci vivent dans un milieu favorable.

Chaque espèce ou famille végétale a ses fragilités et sensibilités à tel ou tel pathogène ou insecte. Si on multiplie la même culture au même endroit à répétition, on multiplie aussi le risque de développer les nuisibles et autres maladies qui vont y trouver un milieu favorable. En réalisant une rotation entre culture, on casse le cycle de multiplication puisque les pathogènes ne trouvent plus ce dont ils ont besoin pour se développer.

Le choix des cultures reposera plus sur les habitudes alimentaires et sur les besoins de la population. Malgré cela, de nouvelles cultures ou variétés au sein des espèces cultivées pourront être testées afin de connaître leur adaptation au climat et leur acceptation par les « consommateurs ». Le tout, dans l’idée d’améliorer la quantité de nourriture mais aussi la qualité dans ce que l’on appelle, la ration journalière.

Conclusion 

La création et la mise en place d’une ferme en agroécologie demande réflexion.

Nous sommes bien conscients du fait que se lancer dans une telle « aventure » à Bémahatazana ne sera pas chose simple. Pourtant, lorsque l’on approche les difficultés quotidiennes des familles, cette expérience aura sans aucun doute des retombées favorables sur leur devenir.

Les feux de brousse, la coupe du bois sans replantation, l’envie d’utiliser la chimie, etc, tous ces éléments tiennent plus à des habitudes, des non-connaissances, des visions imposées par l’agro-business qui ne cherche que son propre profit au dépend du secteur agricole et des consommateurs. Alors, il faut des solutions alternatives qui permettront à chaque individu d’y puiser ce dont il a besoin sans s’endetter et en devenant fier du travail accompli.

Toutes ces idées sont faciles à dire, le plus difficile sera leur mise en œuvre mais la conviction et la ténacité de sœur Marie-Victoire avec le soutien de son entourage saura trouver les mots, les personnes et les fonds nécessaires pour des actions concrètes et pérennes.

Annexes

 Les documents et autres fiches techniques misent en annexe sont là pour compléter les propositions que nous avons faites au sein des pages précédentes.

Elles serviront ponctuellement d’aide pour retrouver des informations ou des conseils pour les différentes préparations.

Les 10 grands principes de l’agroécologie

  • La Terre nourricière
  • La fertilisation organique
  • Les traitements phytosanitaires
  • Le choix des variétés et espèces animales et végétales
  • La gestion de l’eau
  • Les énergies recyclables à volonté
  • Travaux anti-érosifs de surface
  • Les haies vives
  • Le reboisement
  • Les savoirs faire traditionnels

Conservez vos semences potagères

La conservation de vos propres semences représente une économie. C’est aussi la meilleure façon d’assurer la conservation des variétés traditionnelles. Elles sont bien adaptées au climat et au sol votre région. Elles offrent également une bonne résistance aux ravageurs communs chez vous. Voici quelques conseils qui vous aideront à mieux les conserver.

La première étape consiste à récolter des semences variées au champ. Vous devez ensuite les faire sécher et les entreposer pour qu’elles durent jusqu’à la saison d’ensemencement suivante. Voici comment procéder.

Des semences sèches, au frais, dans des contenants hermétiques

Voici trois règles d’entreposage des semences qui assureront une bonne croissance la saison suivante.

Assurez-vous que les semences soient bien sèches avant de les entreposer.

Entreposez les semences dans un endroit le plus frais possible.

Protégez les semences de l’humidité et des rongeurs.

Faites sécher les semences en les étendant sur un paillasson ou un treillis, dans un endroit chaud et ombragé. L’ombre joue un rôle important, car le soleil direct pourrait abîmer les semences. Retournez-les à peu près tous les jours pour qu’elles sèchent uniformément. Après deux ou trois jours dans un lieu chaud et sec, la plupart des semences sont prêtes au stockage. Certaines prennent toutefois un peu plus longtemps. Jugez-en au son qu’elles produisent quand vous les brisez. Sèches, les grosses graines plates comme celles de la citrouille font un bruit cassant et sec quand vous les tordez; les grosses graines épaisses comme celles du maïs et des haricots font un craquement sous la dent; les petites graines font un craquement quand elles sont pincées entre les doigts.

Plus le lieu d’entreposage est frais et à température stable et  mieux cela vaudra. L’endroit doit aussi être sec. L’humidité et la chaleur sont les deux grands ennemis des semences entreposées.

Disposez les semences dans des bocaux ou des boîtes métalliques dotées de couvercles étanches pour les protéger de l’humidité et des insectes Plus le climat de votre région est humide, plus vous devez être soigneux pour veiller à l’étanchéité des contenants.

Pour empêcher les semences d’absorber l’humidité de l’air, vous pouvez aussi mettre dans le contenant un élément qui absorbera lui-même l’humidité, par exemple, des grains de riz ou de maïs fraîchement grillés ou des pois secs grillés. Ils doivent être parfaitement secs, mais non brûlés.

Si vous ouvrez le contenant pour en tirer des semences, mais que vous voulez entreposer le reste plus longtemps, remplacez les vieux grains grillés avant de sceller de nouveau le contenant.

Vous pouvez ranger les contenants de semences étanches dans un trou ménagé dans le plancher en terre battue de la remise ou de la hutte d’entreposage pour les garder à l’abri de la pluie et de l’inondation. Les contenants y seront au frais et au sec.

A l’abri des insectes

Les contenants étanches protègent en outre les semences des insectes. Si vous faites bien sécher les semences, que vous les déposez dans un contenant étanche et que vous les rangez dans un lieu frais, elles se conserveront très bien jusqu’à la prochaine saison de culture. En général, le respect de ces trois règles : séchage et entreposage au frais, dans un contenant étanche  contribue aussi à garder les semences à l’abri des insectes. On peut aussi :

Ajoutez cinq millilitres (une cuillère à soupe) d’huile végétale, comme de l’huile de palme ou de l’huile d’arachide, à 1 kilogramme de semence potagère ou céréalière. Agitez l’huile et les semences dans un bocal pendant cinq minutes, jusqu’à ce que l’huile couvre légèrement toutes les semences. Rangez ensuite les semences dans des contenants étanches, au frais.

Vous pouvez aussi protéger les semences des insectes en y mélangeant de la cendre de bois. Mélangez la poussière de cendre aux semences pour bien recouvrir toutes les graines. Ajoutez 100 grammes de cendre fine par kilogramme de semences.

Ajoutez des feuilles ou des plantes séchées aux semences. Choisissez des feuilles adaptées à votre région. Essayez diverses plantes qui poussent naturellement dans votre région et sont reconnues pour éloigner les insectes. Les feuilles de citronnelle gardent les insectes à bonne distance. D’autres plantes peuvent servir pour la même fonction.

Pour utiliser les feuilles de citronnelle, commencez par les faire sécher à l’ombre; le plein soleil détruirait certains des éléments répulsifs des feuilles. Une fois les feuilles séchées, broyez les en poudre. Mélangez la poudre aux semences séchées et rangez le tout dans des contenants étanches, au frais.

 

Feuille de route pour les jardins et autres espaces potagers

Les indications qui vont suivre, sont valables pour toutes les parcelles mises en place et pour celles à venir.

Ces indications pourront ne pas être adaptées quelques fois en raison de la saison, période sèche ou pluvieuse.

Il va de soi que, pour la pérennité du projet, plus ces recommandations seront suivies et plus les chances de réussite seront importantes.

Préparation des parcelles 

  • Prévoir, avant de commencer la mise en place d’un espace cultivé, la protection des cultures. Soit on clôture toute la parcelle, soit on protège efficacement les pépinières dans un premier temps puis les parties en culture dans un deuxième temps. L’idéal, une fois la taille de la parcelle déterminée, étant de mettre en place une clôture définitive avec des végétaux ou du grillage voir les deux à la fois.
  • Si les parcelles sont de taille importante, 20 mètres et plus de largeur, il faudra y implanter des haies brise-vent afin de protéger les cultures des vents desséchants.

Préparation du sol

La préparation du sol se fera sans brulis préalable mais avec un désherbage si nécessaire. Les herbes seront stockées afin d’être utilisées pour être compostées.

  • Le travail du sol se fera sans retournement profond de la terre afin de ne pas mélanger la partie aérobie avec celle anaérobie. Ce travail aratoire pourra se faire à la main et la pelle, avec les bœufs de labour s’il y a la place ou avec le motoculteur si le sol n’est pas trop humide. En effet, le travail mécanisé d’un sol argileux humide le compacte et il est extrêmement difficile par la suite de le remettre en état.
  • Une fois le labour réalisé (facultatif au bout de quelques temps d’utilisation de la parcelle), la parcelle devra être amendée avant d’affiner la terre pour mélanger l’apport de compost au sol. Pour rappel, une fois le compost disposé sur le sol, celui-ci doit y être incorporé afin de ne pas être dégradé par les rayons solaires. Ce travail pourra se faire avec un croc ou l’équivalent. Il en résultera par la même occasion un premier affinage du sol en surface. Il ne restera plus qu’à affiner suffisamment pour réaliser les semis ou les repiquages.

Les semis

  • Les semis ne devront pas être trop denses afin de ne pas gaspiller les semences d’autant plus que des plants trop serrés on la fâcheuse tendance à s’étioler. Un semis dense devra être éclairci pour obtenir des plants robustes avant le repiquage. Pour exemple, on disposera une graine de laitue par centimètre et une de tomate tous les 2 centimètres.
  • Ces semis seront arrosés régulièrement pour ne pas laisser la terre et les graines se dessécher.
  • Afin d’éviter le desséchement, les semis seront recouverts d’une fine couche de végétaux à moins qu’une ombrière ait été aménagé au-dessus de la pépinière.
  • Le « paillage » sera maintenu quelques jours seulement, jusqu’à ce que toutes les graines aient germé. Il faudra ensuite enlever ce paillage pour laisser prendre la lumière aux plantules afin qu’elles ne s’étiolent pas.
  • Lorsque, pour les semis en pépinière, les plantules auront atteint le stade 2 à 4 premières feuilles, attention de ne pas les confondre avec les cotylédons, elles seront alors transplantées sur leur espace définitif.
  • Pour les semis directs, il faudra veiller à ce que la concurrence des herbes ne vienne pas contrarier leur développement. Un binage serait alors nécessaire.

Le repiquage

  • Une fois les plates-bandes préparées (amendement, travail du sol et arrosage) les plantules pourront être repiquées après avoir été « habillées ». L’habillage des plants consiste à réduire la longueur des racines afin que de nouvelles, plus vigoureuses se développent, de même pour le feuillage qui doit être limité afin de réduire l’évaporation de l’eau que contiennent ces jeunes plantes. Cet « habillage » permet d’améliorer et d’accélérer la reprise des plants repiqués.
  • On évitera le repiquage dans les moments chauds de la journée. Les fins de journée sont préférables au matin car les plantules mises en place, profitent de la fraîcheur de la nuit pour se remettre de leur stress et n’ont pas à subir les heures chaudes de la journée qui pourraient leur être fatales.
  • Un arrosage conséquent suivra immédiatement l’opération de repiquage.
  • Les distances de plantation devront être respectées pour que les plantes puissent se développer correctement.

Entretien des cultures

  • Par la suite, les cultures devront être entretenues. Par entretien il faut entendre, le maintien d’une humidité suffisante, le binage et/ou sarclage afin de ne pas avoir de concurrence de plantes adventices.
  • Afin de limiter l’arrosage et le développement des herbes concurrentielles, un paillage pourra être disposé au pied des plants. Ce paillage limite aussi les interventions humaines d’où moins de travail.
  • Une surveillance quotidienne des cultures jusqu’à leur récolte devra être réalisée.
  • Cette surveillance permet de vérifier si les plantes ne manquent de rien, eau ou nourriture. Si tel est le cas, un arrosage ou un apport de compost devra être effectué.
  • Cette surveillance permet aussi de vérifier si les plantes sont en bonne santé ou si elles subissent une attaque.
  • Si un problème est détecté, il faudra intervenir au plus vite et pour cela, apporter aux plantes le traitement nécessaire (voir fiches techniques sur les traitements naturels).

Fiche de suivi pour les cultures de la classe de :

Faire le plan des parcelles au dos de la fiche

Soins  aux animaux et traitements naturels

Volailles: 

Pour être en bonne santé, les volailles doivent avoir accès à un parcours extérieur.

Le parcours doit, si possible, être divisé en 3 espaces distincts. Les volailles restent à  peu près 3 semaines sur chaque parcours et reviennent au bout de 6 semaines sur le premier  parcours.

L’herbe a ainsi repoussé et cela évite aux animaux de se parasiter.

Il est préconisé de mettre régulièrement un peu de vinaigre ou de piment séché et broyé dans la boisson des animaux.  Nous permettons ainsi aux volailles de se débarrasser des parasites internes.

Les poules aiment bien s’ébrouer dans de la terre fine ou de la cendre pour se débarrasser des parasites externes ( poux , puces , etc.). Pensez à ce qu’elles en aient toujours à disposition.

Concernant la galle au niveau des pattes, si cela les gêne, enduire les pattes des volailles avec de l’huile ( arachide ou autre ) plusieurs jours de suite; la galle devrait diminuer sérieusement .

Porcs

Le porc est un animal qui doit, pour être en bonne santé, avoir un enclos extérieur et de quoi se rouler dans la terre, là encore pour se débarrasser des parasites corporels .

Il est peu fragile d’une façon générale. Néanmoins, il est recommandé de lui donner régulièrement, entre autre, des légumes de la famille des cucurbitacées ( courge, citrouille, courgette, concombre , etc.). En effet, ces légumes contiennent des pépins qui renforcent l’organisme contre les parasites internes, (vers intestinaux) et  permettent, à terme, de les éliminer .

Ruminants : chèvres, moutons et bœufs.

Là encore, si les animaux sont à l’attache (embouche ou autre raison), il est nécessaire de prévoir de les sortir à l’extérieur 1 à 2 heures par jour .Il faut aussi lui tenir à disposition de l’herbe  sèche ( foin ) en quantité . Le ruminant a besoin d’avoir un aliment riche en fibres pour ruminer.

Contre les  abcès, furoncles, plaies extérieures ainsi que contre les mammites,  il est recommandé de faire

une  application d’argile, 1 à 2 fois par jour pendant toute la durée du traitement. Prendre de l’argile la plus pure possible, la mélanger avec de l’eau propre afin d’obtenir une pâte souple et collante. Enduire la partie malade sans trop appuyer.

Contre les vers intestinaux, là aussi, nous pouvons donner des courges et autres courgettes qui auront un effet vermifuge.

En cas de coliques et autres diarrhées souvent provoquées par une infestation parasitaire, en plus des courges, il est indispensable de faire boire à l’animal une solution d’argile. Faire un mélange bien liquide d’eau et d’argile et le faire boire à l’animal en le mettant dans une bouteille.

L’eau de riz est aussi très indiquée, comme chez les humains, pour stopper les coliques et autres diarrhées .

 

D’une façon générale, une bonne alimentation  est le meilleur remède pour lutter contre une quelconque maladie. Faisons attention à donner à nos animaux des aliments variés qui vont contenir de l’énergie: graminées ( céréales entre autre et herbes de brousse ), des protéines (légumineuses) et des vitamines,  (fruits – légumes).

Didier Meunier – Dominique Brunet

Réseau des AgroEcologistes Sans Frontière ,

le 30 Octobre 2016